San Iker semble définitivement avoir perdu son auréole. Loin de faire l’unanimité avec la Roja, et titulaire désormais discutable avec le Real Madrid, « El Capi » connaît quelques difficultés à reconquérir son public. Blessures, conflits et baisse de régime ont eu vite fait d’évincer le parcours pourtant exceptionnel du gardien madrilène. Portrait de l’enfant de Mostoles.




Iker Casillas s’est doté au fil du temps d’une aura presque religieuse. Souvent considéré comme l’homme du match, le sauveur, le « saint », il connaît pourtant, particulièrement depuis le début de la saison, une période trouble et une approbation mitigée de la part des aficionados du Real Madrid exprimée notamment par le biais de leurs sifflets. A ce propos, il a pu déclarer au micro de Canal + :« Ça fait mal. Je suis ici depuis l’âge de neuf ans, j’ai vécu beaucoup de choses avec ce club. Le public est libre de faire ce qu’il veut, il est souverain mais j’ai un cœur et ça me fait mal. Être ici depuis si longtemps signifie aussi que je dois accepter certaines choses. » Ce « vécu », les socios semblent l’avoir oublié, presque aveuglés par les dernières, et désormais régulières, déceptions de leur capitaine.




Plus de deux décennies au Real Madrid

Casillas est originaire de Mostoles, une petite ville située aux frontières madrilènes, dont il n’hésite pas à clamer son appartenance : « Je ne suis pas un galactique, je suis de Mostoles ». Dès l’âge de 9 ans, le gardien n’hésite pourtant pas, chaque jour, a parcourir le peu de chemin qui le sépare de la grande ville pour rejoindre le centre de formation du Real Madrid et s’entraîner quotidiennement. Oui, Casillas a bien vu le jour, footballistiquement parlant, dans la fameuse « Casa Blanca », un club qu’il n’a, depuis, jamais quitté. Il intègre l’équipe première dès ses 18 ans, remporte sa première Ligue des Champions à 19 ans et la seconde deux ans plus tard, dans laquelle il s’impose comme le sauveur de son équipe et comme titulaire indiscutable.

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San Iker semble avoir juré honneur et fidélité au club madrilène. En effet, toujours présent dans les moments les plus glorieux et les passes difficiles du Real Madrid, il a su gagner son brassard de capitaine. Passé par les débuts de « l’ère Galactique » en compagnie de joueurs comme Zinedine Zidane, Ronaldo, David Beckham, ou encore Raul, il reste aussi sous le règne de Caldéron qui signe une période bien creuse avec « seulement » deux titres en championnat et une SuperCoupe en 3 ans. Cette époque accuse, de plus, un grand vide au niveau européen.




Iker Casillas, le capitaine du Bernabeu

Quoi qu’on en dise, les relations entre José Mourinho et Iker Casillas n’ont pas toujours été conflictuelles. En effet, lors de la saison 2010-2011, il est promu capitaine du Real Madrid après les départs de Raúl et Guti. Il est l’auteur d’un excellent début de saison, sauvant son équipe à plusieurs reprises d’une défaite. Le match « noir » de cette saison reste néanmoins le clasico joué chez les blaugranas, qui verra les madrilènes encaisser 5 buts laissant San Iker impuissant. Cette saison le placera cependant 7ème au ballon d’or. C’est la saison suivante qui marque un réel tournant dans la carrière du joueur. Placé sur le banc en milieu de saison du fait de ses mauvaises prestations, une blessure le cantonne au rang des blessés pendant 6 semaines. Des mésententes entre Casillas et Mourinho relayées par la presse espagnole se confirment lorsque le gardien est placé sur le banc jusqu’à la fin de la saison. Il a d’ailleurs déclaré il y a peu : « J’aurais peut-être dû répondre à Mourinho. Beaucoup m’ont reproché mon silence mais j’ai préféré me taire pour le bien du club. Je n’ai pas voulu mettre de l’huile sur le feu. Nous n’avions pas une bonne relation. » L’arrivée d’Ancelotti par la suite ne lui confère pas sa place d’antan. Il n’est titulaire que lors des matchs de Champion’s League et en Coupe du Roi, laissant la place à Diego Lopez en Liga. Cette saison signe la fameuse « décima » et la victoire en Copa del Rey face aux blaugranas. Partir du Real Madrid ? Il ne l’envisage pas : « C’est ma maison. Je ne vois pas ma vie sans Madrid. C’est vrai j’ai déjà pensé quitter le Real Madrid. Quand les choses vont mal et qu’on a l’impression de gêner on y pense. Je veux terminer ma carrière au Real Madrid ».




San Iker et la Furia Roja

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Coupable d’une erreur lors du match aller face à la Slovaquie, dans le cadre des matchs de qualifications pour l’Euro 2016, à l’origine de la défaite de la Roja, le règne de San Iker semble, à l’heure actuelle, fortement compromis. Iker Casillas compte aujourd’hui plus de 12 ans de bons et loyaux service envers la Roja. Titulaire en sélection dès ses 21 ans, il fait une entrée remarquée contre la Corée du Sud en quart de finale avec une parade exceptionnelle classée dans le top 10 des plus beaux arrêts de l’histoire de la Coupe du Monde. Depuis 2008, la sélection espagnole a enchaîné les succès : deux Euros (2008, 2012), une Coupe du Monde (2010), et une finale de Coupe des Confédérations en 2013. Et Casillas n’y est pas pour rien : aucun but encaissé lors des matchs à élimination directe lors du premier Euro et de la Coupe du Monde, la première de toute une nation.

2014 sonne néanmoins une certaine déchéance de la glorieuse équipe. Alors qu’elle est la grande favorite de la Coupe du Monde au Brésil 2014, elle se voit infligée une sévère correction lors du premier match face aux Pays Bas (5-1), match lors duquel Casillas réalise une prestation catastrophique. Ils sont éliminés au premier tour face au Chili et le capitaine s’excuse même envers les supporters espagnols dès le lendemain du match.

Avec 157 sélections, Iker Casillas reste le joueur comptabilisant le plus de sélections avec la Roja. Si l’équipe d’Espagne est aujourd’hui dans une mauvaise passe, elle sait néanmoins ce qu’elle doit à San Iker. Il a su amener l’équipe d’Espagne à son meilleur et plus haut niveau, décrochant même pour la première fois de son histoire une Coupe du Monde. Si le gardien traverse aujourd’hui une mauvaise passe, tant en sélection qu’en club, avec les très sérieux prétendants De Gea et Navas, il y a une chose chez lui qui n’a jamais connu d’irrégularité : sa fidélité, tant à la Roja et qu’au Real Madrid. San Iker a connu son équipe au plus haut comme au plus bas mais n’a jamais failli à ses responsabilités de capitaine. Si l’on peut aussi hâtivement parler de la fin d’un cycle, d’une « ère », c’est de celle d’une époque extraordinaire pour l’Espagne et les Espagnols, dont Iker Casillas, « Capi », est l’un des principaux protagonistes.

 

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